Faire face aux allergies : stratégies et espoirs

Faire face aux allergies

Les allergies affectent des millions de personnes dans le monde, et leur incidence semble augmenter en ce qui concerne les allergies respiratoires, en particulier chez les enfants. Ce phénomène préoccupant interroge sur les causes de cette hausse et sur les moyens de la combattre efficacement. À travers notre échange avec le Dr. Schnyder, nous explorons l’importance du diagnostic et les voies potentielles de traitement. Entretien réalisé auprès du Dr. med. Jean-Marie Schnyder, Médecin-Chef du service de pneumologie à la Clinique Lucernoise de Montana.

Par Adeline Beijns

Lorsqu’on souffre d’une allergie, quel spécialiste devrait-on aller consulter ?

La prise en charge des allergies commence par un diagnostic précis, qui est essentiel pour déterminer la meilleure stratégie de traitement. Les patients présentant des symptômes d’allergie doivent d’abord consulter leur médecin généraliste, qui peut ensuite les orienter vers un allergologue qui, en complément d’une anamnèse, effectuera des tests spécifiques, tels que des tests cutanés ou des tests sanguins, pour identifier les allergènes responsables. Il est à noter que la plupart des grands hôpitaux ont aujourd’hui leur propre centre dédié au traitement des allergies. Pour obtenir des informations et un soutien dans la vie de tous les jours, les sites des associations de patients sont aussi une aide précieuse.

Il semblerait que les allergies soient de plus en plus fréquentes chez les enfants. Que pouvez-vous nous dire ?

Effectivement, la prévalence des allergies a doublé au cours des 20 dernières années. 20% de la population est allergique au pollen. L’asthme toucherait 12% des adultes et 6% des enfants tandis que les allergies alimentaires concerneraient entre 2 et 6% de la population générale. Cette prévalence s’explique par une multitude de facteurs, notamment génétiques, environnementaux, et liés à notre mode de vie moderne. Les changements dans notre alimentation, une exposition moindre à divers allergènes et micro-organismes durant l’enfance en vivant dans des villes et non plus à la campagne, ainsi que la pollution de l’air sont autant d’éléments contribuant à cette augmentation.

Cancer
Récupéré sur : giphy.com

Quels sont les traitements qui s’offrent à eux ?

Le traitement dépendra bien sûr de l’importance des symptômes et de leur caractère invalidant. En tant que médecins, notre priorité est d’assurer le bien-être de nos patients tout en minimisant les perturbations de leur quotidien. Éviter l’exposition à l’allergène concerné est essentiel pour les allergies alimentaires, mais lorsque cela n’est pas possible, comme dans le cas d’une allergie aux pollens ou aux acariens, un traitement adapté à l’âge de l’enfant peut aider à contrôler les symptômes.

Ainsi, il existe plusieures formes de traitement pour les allergies respiratoires : Ce qu’on appelle l’immunothérapie allergénique ou désensibilisation, qui consiste à placer chaque jour de petites doses de l’allergène sous forme de comprimés ou de gouttes sous la langue, augmente la tolérance du système immunitaire et aide à réduire les symptômes allergiques. Cette méthode nécessite un engagement sur plusieurs années mais peut changer de manière significative la réponse allergique. Les enfants allergiques au pollen ou aux acariens doivent être traités le plus tôt possible afin de minimiser le risque de développer de l’asthme ou d’autres allergies.

Il semblerait que seuls 1 à 5% des enfants suisses souffrant d’allergies respiratoires soient traités. Pourquoi ce chiffre est-il si bas ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce chiffre relativement bas mais l’une des principales est probablement le manque de sensibilisation auprès des parents sur la nature des allergies, leurs options de traitement disponibles et leurs bénéfices à long terme.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Si un jeune enfant présente des plaques rouges, de l’urticaire, de l’irritabilité ou souffre de vomissements et diarrhées, il ne faut surtout pas hésiter à consulter un pédiatre ou le médecin de famille. Ces symptômes peuvent indiquer une réaction allergique qui nécessite une attention. Cependant, il est tout aussi important de ne pas surréagir ou paniquer. Une approche calme et mesurée est cruciale pour le bien-être de l’enfant.

Cet article a été réalisé avec l’aimable soutien d’ALK-Abelló AG
L’indépendance de l’opinion du médecin a été entièrement respectée

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